Hommage aux résistantes et aux résistants

Camille Andres / ©Max Idje
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Camille Andres
©Max Idje

Hommage aux résistantes et aux résistants

Edito
Novembre, la Toussaint, est l’époque où l’on se remémore nos disparus, celles et ceux qui nous manquent.

L’hommage d’une amie à son père décédé cette année m’a marquée. Elle salue «la foi ardente en Dieu» de cet homme qui a traversé de nombreuses épreuves, «une ancre solide qui le gardait dans l’espérance et la joie»: «Quelle chance d’avoir eu un papa comme lui, généreux, joyeux, réconfortant, soutenant, rempli d’amour!»

Quelle chance, en effet! Nous sommes toutes et tous, si nous regardons bien, entouré•es de personnes emplies de joie de vivre. Je ne parle pas ici de plaisir, de bonheur, de bienêtre, ou de réjouissance ponctuelle, mais d’une joie profonde, parfaite, ou spirituelle. Un «état de l’âme» qui soutient toutes les actions du quotidien, nous rend capables d’affronter les épreuves, jour après jour, offre une résistance confiante face aux injustices ou à la violence. Cette joie-là, joie d’exister, pleine appartenance à la vie, ouvre des possibles, nous rappelle pour quoi nous sommes faits, nous, êtres humains.

Notre époque n’est certainement pas propice à la joie spirituelle – existe-t-il d’ailleurs une période dans l’Histoire qui l’ait été? N’est-il pas, dès lors, de la responsabilité des chrétien·nes, individuellement, collectivement, de s’ouvrir au pari existentiel de la joie? C’est l’interrogation de cette édition. Ce «cadeau de Dieu», cette «joie imprenable», comme la nomme la théologienne Lytta Basset, ne se décrète certes pas, mais on peut le rechercher. Aussi, saluons toutes celles et tous ceux qui, au cœur d’un quotidien parfois injuste, délétère, morose, relèvent ce défi et combattent, en résistant, comme ils ou elles le peuvent, au déclinisme, à la peur ou à la fatalité.