Les romans policiers touchent à l’essentiel… comme la Bible

Les romans policiers touchent à l’essentiel… comme la Bible / ©iStock/Rafael Wiedenmeier
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Les romans policiers touchent à l’essentiel… comme la Bible
©iStock/Rafael Wiedenmeier

Les romans policiers touchent à l’essentiel… comme la Bible

Polars
Spiritualité et personnes engagées religieusement trouvent leur place dans de nombreuses enquêtes imaginées par des auteurs et auteures de Suisse romande. L’Eglise, un bon terreau pour de tels récits?

«Des gens m’ont dit: ‹Vous avez étudié la théologie, vous vouliez être pasteur, et maintenant vous écrivez des histoires sanglantes», relate Marc Voltenauer, auteur de romans policiers. «Je réponds alors que c’est peut-être parce que je suis inspiré par l’un des plus vieux polars connus: la Bible. Plus sérieusement, je pense que le polar et la Bible ont ce point commun de traiter des questions existentielles liées à l’existence de la mort et au sens de la vie.»

«La Bible, de manière générale, traite de questions telles que la violence, l’existence du Mal, toutes ces questions fondamentales inhérentes à la vie humaine», abonde Nicolas Monnier, pasteur et directeur de DM-échange et mission, dont le deuxième polar vient de paraître. Ses textes se caractérisent non seulement par la présence de passages bibliques, qui font écho aux réflexions des personnages, mais aussi par de généreuses références culturelles et historiques: «Je m’efforce de faire en sorte que mes romans ne s’adressent pas qu’au cercle des personnes familières de la Bible et de l’Eglise, mais à un lectorat le plus large possible de personnes curieuses.»

«La foi chrétienne qui m’inspire me conduit à envisager des scénarios où, au final, une espérance est présente», reconnaît Jean-Claude Zumwald. «Le psychologue, le romancier, le citoyen et le chrétien que je suis tout à la fois peine à interpréter le succès de romans où le trash, le gore et le sanguinolent dominent. Du coup, c’est essentiel pour moi de ne pas me passer des références chrétiennes, que je vois, entre autres dimensions, comme antidotes possibles à cette valorisation d’une violence délétère.»

«Les livres de la Bible amènent des réflexions sur l’humain, mais les milieux religieux avec leur part de mystères font d’excellents décors», souligne Marc Voltenauer. Un avis que partage Carole Besson, qui vient de publier son premier roman. «Le pasteur est une personne qui fait le lien au sein de la communauté, il sait beaucoup de choses et l’on fait assez naturellement appel à lui lorsqu’il est question de mort. C’est d’autant plus vrai que mon récit se passe au XVIIIe siècle et que la place des pasteurs était alors centrale dans la société. Le risque, c’est d’en faire un personnage caricatural. Pour cela, j’ai voulu présenter deux pasteurs très différents dans mon texte: l’un jouit du pouvoir dont il dispose, l’autre s’engage pour sa communauté et ouvre les premières écoles dans le Jorat. Comme une invitation à regarder la diversité humaine derrière la fonction.»

De feuilles et de sang,  Carole Besson, éditions Mon Village, 2023.

Entre chien et loupNicolas Monnier, éditions Mon Village, 2023.

Cendres ardentesMarc Voltenauer, Slatkine, 2023.

Les Crédences d’EmmaüsJean-Claude Zumwald, éditions Mon Village, 2023.

Un temple du polar

Inutilisée depuis la fusion en 1966 des Eglises libre et nationale du canton de Vaud, la chapelle Nagelin va devenir librairie, bibliothèque et espace culturel. «L’idée est née en 2020 lors d’un apéro dans le jardin voisin de Kathleen Malcause, qui cherchait alors un nouveau toit à sa librairie ‹Le Crime parfait›», relate Marc Voltenauer, président de l’association qui porte le projet. La commune soutient l’initiative et les autorités religieuses ont donné leur feu vert. «Rénover un monument implique de faire valider un certain nombre de décisions. Les travaux n’ont donc pas encore commencé», note l’auteur.

letempledupolar.ch