De Pâques à Pentecôte

Vitrail de la résurrection, église d’Avenches / © O. Sandoz
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Vitrail de la résurrection, église d’Avenches
© O. Sandoz

De Pâques à Pentecôte

Olivier Sandoz
25 mars 2021
Espérance
Chez l’évangéliste Luc, au jour de Pâques, les anges au tombeau disaient aux femmes visages prostrés vers la terre, de relever la tête: «Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts?»

 Message reçu cinq sur cinq par les apôtres au jour de l’Ascension: ils sont là, le regard bien levé vers les nuées où vient de disparaître leur Maître… Les mêmes anges leur disent: «Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel?» Faudrait savoir!?! Où donc chercher?

Mais, mine de rien, si ça racontait simplement notre vie? Nous sommes des êtres humains, des équilibristes souvent à la limite de tomber… et de se relever! Et puis nous sommes surtout des chrétiens – «dans ce monde, pas de ce monde» – des disciples, des témoins d’une Réalité qui dépasse le tout-rationnel, les pieds sur la terre mais le cœur entre les mains de Dieu.

Et nous sommes aussi tentés: tentés de regarder seulement le bout de nos pieds, par peur de l’avenir, par habitude, par lassitude, ou par crainte de passer pour des illuminés… Et pareillement tentés de ne plus regarder que vers le ciel, détachés de ce qui fait le quotidien des milliards de nos sœurs et frères en humanité, essayant de survoler tant bien que mal les événements. Heureusement, il y a des anges: pour ramener notre vision à hauteur d’hommes et de femmes, debout, comme Dieu les a voulus, quoi qu’il arrive.

Dans mon précédent poste, en quittant la chapelle de l’église d’Avenches, mon regard se portait spontanément sur le vitrail de la résurrection: il a été placé là, à la sortie, faisant face au vitrail de la crucifixion qui domine le chœur. L’ange, les femmes apeurées, les gardes terrassés; les femmes à nouveau, les disciples incrédules, un enfant. Sur le second volet, les femmes ont changé la direction du regard : appelées à annoncer la Bonne Nouvelle, elles ME fixent, tandis que tous les autres protagonistes m’ignorent superbement. Vous voyez? Elles ont pris la place de l’ange, mais elles ne regardent ni en haut ni en bas; où que je me place, elles me suivent des yeux, c’est moi qui suis concerné par ce qu’elles annoncent! Ce regard direct relaie celui de l’Agneau placé dans le «trèfle» au-dessus des deux volets: «Toi qui sors, tu es chargé d’une bonne nouvelle, n’aie pas peur de la faire connaître!»

Toute la scène baigne dans la lumière dorée du Saint-Esprit – comme un vent qui pousse les femmes en avant, promesse de cet accompagnement de tous les instants qui caractérise la fidélité de Dieu, en Jésus-Christ. Ainsi, la personne qui sort peut être assurée de cette Présence dans sa vie, même au-dehors de ce lieu de recueillement. Ce temps entre Pâques et Pentecôte nous prépare à sortir dans le monde pour être témoins… toujours à hauteur d’humanité.